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C’est au guidon de cette Mobylette de 1979, bleue d’origine mais repeinte en jaune « comme la première » volée à Prague, que Benoît va tailler la route outre-atlantique.
Après un premier périple de 27 000 km en Europe il y a deux ans, Benoît Deunielle remet ça. Il partira le 1er mai de Saint-Paul-Mont-Penit où il réside, pour vivre un an d’aventure Outre-Atlantique.
Récit
Il ne défend aucune cause et n’est porteur d’aucun message. Son moteur réside dans son seul goût de l’aventure et sa soif de découverte. Pour la deuxième fois dans sa jeune vie, Benoît Deunielle, 25 ans, va tailler la route pour découvrir le monde au guidon d’une Mobylette. Deux ans après avoir visité vingt pays et parcouru 27 000 km à travers toute l’Europe jusqu’en Russie, le jeune aventurier met le cap sur l’Amérique du Nord.
Certes, l’engin de locomotion n’est ni des plus modernes, ni des plus rapides. Mais peu importe. « La Mobylette, il n’y a pas plus pratique pour voyager. Si on tombe en panne, on répare n’importe où. Et puis, c’est incroyable combien ça interpelle les gens. Je me souviens, un matin en Russie, un homme m’avait attendu une heure juste pour me voir donner les coups de pédale et démarrer. »
Départ le 1er mai
Pas encore parti, Benoît n’est pas pressé de rentrer. Il s’est accordé un an pour explorer le grand nord canadien, vivre son rêve américain et terminer son périple sous le grand soleil mexicain. Ça ne pouvait pas mieux tomber. Au chômage depuis le début de l’année après un licenciement économique, le technicien en électronique n’avait de toute façon rien d’autre à faire en attendant de laisser passer la crise. « Avec un peu de chance, à mon retour, l’horizon se sera peut-être éclairci. »
Le 1er mai, Benoît quittera donc le foyer familial et la campagne de Saint-Paul-Mont-Penit pour mettre les gaz Outre-Atlantique. Mais avant, il s’accordera un petit détour pour visiter le Royaume-Uni et l’Irlande. « Ça servira de test pour la bécane. »
Ce crochet sera aussi une façon d’achever le premier voyage qu’il avait été contraint d’interrompre sur le chemin du retour, après le vol de sa Mobylette à Prague. « Même si j’avais réalisé l’essentiel de mon parcours, j’en ai ressenti une grande frustration. D’ailleurs, sans ça, je ne pense pas que je serai reparti aussi vite. »
Sa nouvelle bécane, cadeau d’un copain, patiente désormais bien au chaud dans le garage. Si le cadre est d’époque ¯ « 1979 » ¯ elle a été entièrement refaite à neuf et repeinte en jaune. « Mieux préparé que la dernière fois », Benoît l’a même équipée d’une prise allume-cigare. « Ça me permettra de charger les batteries du caméscope, de l’appareil photo et du lecteur et d’être complètement autonome. »
30 € par jour
Dans la caisse installée à l’arrière de l’engin et dans sa besace, Benoît emportera également quelques vêtements, une brosse et du savon, quelques pièces d’usure de rechange « introuvables ailleurs qu’en France ». Armé d’une tente et d’un duvet, il reprendra la formule du camping sauvage testée deux ans auparavant. « C’est le plus économique et ça permet de dormir dans des endroits improbables. »
Benoît a planifié un budget de 13 000 € pour ce voyage qu’il a en grande partie autofinancé. « Ça fait environ 35 € par jour pour l’essence, la nourriture et l’hébergement. C’est largement suffisant. »
Pour le reste, Benoît n’a qu’un seul rêve : multiplier les rencontres et s’émerveiller. Comme la première fois.
Christèle BOURDEAU.
Ouest-France